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Le changement climatique et les cépages oubliés

27 septembre 2026 par
Marco Mancini

Le changement climatique et la vigne

Un article de Vinetur reprend un constat du Gambero Rosso assez intéressant : contrairement à ce que l’on pourrait penser, le réchauffement climatique ne conduit pas nécessairement à des vins italiens plus lourds, plus alcoolisés et moins frais. Dans de nombreux cas, les producteurs parviennent au contraire à préserver fraîcheur, acidité et précision aromatique. (Vinetur)

Les idées essentielles

  • Le problème climatique est bien réel : étés plus chauds, sécheresse, maturation accélérée et vendanges de plus en plus précoces.

  • Normalement, une maturation accélérée signifie que le sucre augmente avant que les autres maturités soient pleinement atteintes, avec le risque d'obtenir davantage d'alcool, moins d'acidité et des vins plus lourds.

  • Mais le travail du vigneron peut modifier considérablement le résultat.

Trois leviers sont particulièrement importants :

  1. La gestion du feuillage

    Les feuilles servent de protection aux raisins contre le soleil. Une exposition excessive peut provoquer échauffement, déshydratation et perte d'équilibre. Le vigneron cherche donc à protéger davantage les grappes pendant les périodes de chaleur intense.

  2. Le travail du sol

    Un sol vivant et capable de conserver davantage d'humidité aide la vigne à mieux supporter les épisodes de sécheresse et limite son stress hydrique.

  3. La date des vendanges

    Le calendrier traditionnel devient moins pertinent. Il faut observer l'état réel des raisins et arbitrer entre maturité sucrée, phénolique et aromatique, plutôt que d'attendre systématiquement une date déterminée.

Le point qui me paraît particulièrement intéressant

L'article dit en substance que l'adaptation au réchauffement se joue d'abord dans la vigne, et non dans la cave.

Autrement dit, il vaut mieux empêcher le raisin de perdre son équilibre que chercher ensuite à « corriger » un vin trop alcoolisé ou trop mou par des interventions œnologiques. Cela conduit à un travail beaucoup plus précis, parcelle par parcelle. 

Et il y a un paradoxe historique assez savoureux

Le Gambero Rosso souligne que, il y a 30 ou 40 ans, on cherchait souvent à produire des vins puissants, concentrés, très extraits, avec beaucoup de bois… alors que le climat était plus frais.

Aujourd'hui, alors que le climat est plus chaud, on cherche au contraire la fraîcheur, la finesse et la buvabilité. On est donc presque passé de « vins de climat chaud produits dans un climat frais » à « vins frais produits dans un climat chaud ». (Gambero Rosso)

Pour le Latium, c'est particulièrement intéressant

Le réchauffement climatique ne condamne donc pas nécessairement les régions méditerranéennes. Au contraire, certaines variétés autochtones et certains terroirs peuvent devenir des atouts s'ils permettent de conserver naturellement acidité et fraîcheur.

Un exemple frappant est le Tufaliccio de chez Marco Carpineti


Marco Mancini 27 septembre 2026
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