Se rendre au contenu

Les cépages oubliés du Latium

18 mai 2026 par
Marco Mancini


🍇 Les cépages oubliés du Latium : quatre revenants qui n’ont rien perdu de leur panache

Le Latium, c’est un peu comme un vieux grenier : on y trouve des trésors oubliés, des objets mystérieux… et parfois des cépages qui ont disparu pendant mille ans parce qu’ils n’étaient pas “assez productifs”.

Heureusement, les vignerons modernes ont décidé de rouvrir les cartons poussiéreux.

Résultat : quatre cépages reviennent sur le devant de la scène, plus fringants que jamais : Bellone, Nero Buono, Cesanese, Passerina.

🌋 Pourquoi ces cépages ont disparu (et pourquoi ils reviennent)

Pendant longtemps, le marché voulait des vins “internationaux”, “modernes”, “faciles à vendre”.

Traduction : on a arraché tout ce qui ne ressemblait pas à du Merlot ou du Chardonnay.

Les cépages du Latium, eux, avaient trois défauts impardonnables à l’époque :

  • trop identitaires
  • trop exigeants
  • trop peu productifs

Bref, trop intéressants.

Aujourd’hui, on redécouvre qu’un vin peut avoir un goût, une histoire, une âme.

Et soudain, ces cépages oubliés deviennent… visionnaires.

🍋 Bellone : le blanc volcanique qui a arrêté d’être timide

Le Bellone, c’est le cépage qui a passé des siècles à dire :

“Non mais allez-y, je ne veux pas déranger.”

Erreur!

Parce que quand on le goûte, on se demande comment on a pu l’ignorer aussi longtemps.

Dans le verre

  • fraîcheur saline (merci les sols volcaniques)
  • citron, pêche, fleurs blanches
  • rondeur maîtrisée
  • une buvabilité insolente

Le Bellone, c’est le blanc qui ne crie jamais… mais qu’on entend toujours.

🏺 Nero Buono : le revenant de l’Antiquité

Le Nero Buono, c’est littéralement un cépage antique.

Les Romains le cultivaient déjà, puis il a disparu parce que :

  • il produisait peu
  • il était capricieux
  • il refusait de rentrer dans les cases

Bref, un artiste!

Aujourd’hui, on le replante parce que les vignerons ont compris que faible rendement = forte personnalité.

Dans le verre

  • couleur noire comme un manuscrit brûlé
  • cerise noire, mûre, épices
  • structure ample mais fraîche
  • un rouge qui a du coffre sans jamais devenir lourd

Le Nero Buono, c’est un peu le gladiateur du Latium : musclé, mais avec l'élégance d'un artiste.

🍒 Cesanese : le rouge qui est décoré DOCG!

Important : le Cesanese n’est pas un vin volcanique, mais d'argiles volcaniques et de sable...  concluez : finesse!

 Et il a même droit à une DOCG, ce qui en Italie signifie : “ Tu peux t’asseoir à la table des grands.”

Dans le verre

  • robe claire, plutôt trompeuse
  • griotte, amarena, épices fines
  • bouche tendue, élégante, précise
  • une profondeur insoupçonnée

Le Cesanese, c’est le vin qui t'envoute, te séduit et dit : “je ne plaisante pas.”

🌸 Passerina : le cépage le plus délicat du Latium (et peut-être du monde)

La Passerina, c’est la ballerine du Latium. Le cristal du val Saint Lambert à 1500 km de là. Un cépage tellement délicat qu’on a parfois l’impression qu’il pourrait s’évaporer si on parle trop fort.

Dans le verre

  • fleurs blanches, poire, herbes fines
  • acidité cristalline en fin de bouche
  • pureté absolue
  • élégance aérienne

La Passerina, c’est le vin qu’on sert quand on recherche la subtilité plutôt que la puissance, le cabriolet plutôt que le SUV....

🔥 Pourquoi ces cépages sont l’avenir

1. Ils racontent une histoire

Pas besoin de storytelling artificiel : ils ont survécu à l’Empire romain, aux invasions barbares et au marketing du XXe siècle.

2. Ils offrent une identité unique

Aucun ne ressemble à un cépage international. Et c’est tant mieux.

3. Ils offrent un rapport qualité-prix indécent

Pas de prestige fabriqué. Juste du vin vrai.

🎯 Conclusion : le Latium n’a jamais été en retard, c’est le monde qui était distrait

Bellone, Nero Buono, Cesanese, Passerina : quatre cépages qui prouvent que l’avenir du vin italien ne se trouve pas dans les clones aromatiques, mais dans les variétés locales, exigeantes, authentiques.

Le Latium n’est pas une région émergente, c’est une région réémergente.

Et elle revient avec style.

Buvez peu, Buvez mieux


Marco Mancini 18 mai 2026
Partager cet article
Archive