Le Cabernet Sauvignon :
le Français qui a fait sa valise pour l’Italie
Avant de devenir Ferrato, avant de devenir une star, avant même d’apprendre à dire ciao, le Cabernet Sauvignon a vécu une aventure digne d’un roman de voyage. Tout commence en 1860, quand ce cépage bordelais décide de traverser les Alpes...
L’origine du Cabernet Sauvignon
Le Cabernet Sauvignon, c’est un peu l’enfant prodige du vignoble français. Un croisement entre le Cabernet Franc et le Sauvignon Blanc. Une histoire d’amour botanique, un pollen qui se balade, une fleur qui dit oui… bref, un soap-opéra végétal du XVIIᵉ siècle dans le Sud de la France.
Et voilà que ce cépage, bien français, bien bordelais, se retrouve un jour en Italie. Pourquoi ? Grâce à un homme : Pasquale Visocchi.
Pasquale, c’est le genre de type qui cumule les métiers comme d’autres cumulent les points sur leur carte de fidélité : agronome, scientifique, entrepreneur, maire… Il ne lui manquait que “super-héros” sur sa carte de visite.
En 1860, il part deux ans à Montpellier. Il y découvre les cépages locaux, les vins, l’accent chantant… et probablement la gastronomie, mais ça, ce n’est pas écrit dans les archives. Séduit, il décide de ramener tout ça chez lui, à Atina, dans le Latium.
Le Cabernet Sauvignon débarque en Italie

Pasquale ne fait pas les choses à moitié. Il importe du Sémillon, du Petit Verdot, de la Syrah… et bien sûr, le fameux Cabernet Sauvignon.
Il plante tout ça à 400–500 mètres d’altitude, sur les contreforts des Apennins. Et là, surprise : le Cabernet se plaît tellement qu’on dirait qu’il a trouvé son Airbnb idéal.
Très vite, le vin d’Atina devient l’un des plus prestigieux de la région. Le Cabernet local fait sensation, au point d’être envoyé à la station expérimentale de Conegliano, en Vénétie, pour être étudié, cloné, distribué… bref, pour devenir une star nationale. Entretemps, Le microclimat d'Atina, son altitude, les importantes variations de température entre le jour et la nuit et plus de 160 ans d'adaptation ont donné naissance à un Cabernet Sauvignon unique.
Et depuis 1860, ce cépage français, exilé volontaire, a eu tout le temps de muter, s’adapter, s’italianiser. Aujourd’hui, il ne ressemble plus vraiment au Cabernet Sauvignon classique. C’est un Cabernet… avec un accent italien.
L’appellation : une histoire belge
Un Italo-belge : Giovanni Palombo, né à Verviers, originaire d’Atina, revient au pays et commence à travailler le vin de façon moderne, avec des méthodes actuelles. Son vin est le meilleur de la région. Mais il est plus ambitieux que cela : Il faut que son vin soit reconnu, pas seulement dans son village.
En 1999, il entame les démarches, il impose un cahier des charges en vue d'une Appellation Contrôlée, et obtient la reconnaissance officielle avec une typicité bien marquée.
Le Cabernet Atina DOC est né.
Conclusion
Le Cabernet d’Atina, c’est un Français expatrié qui a trouvé en Italie un microclimat parfait, une altitude idéale, des variations thermiques comme il les aime… et qui produit aujourd’hui de grands vins, dont le Ferrato.
Comme quoi, parfois, il suffit de traverser une frontière pour révéler son vrai potentiel. Même pour un cépage.